vendredi 9 octobre 2009

Télé-confessionnal


Hier, à voir Frédéric Mitterrand contraint de venir s'expliquer  au 20 heures de la Une sur sa "mauvaise vie" - des relations sexuelles tarifées avec des garçons en Thaïlande, qu'il avait racontées dans un beau et douloureux livre en forme de rédemption - le malaise était grand. Et d'autres images tout aussi dérangeantes se téléscopaient : celles de Dominique Baudis, livide et transpirant, venu lui aussi à télé-confessionnal, un certain 18 mai 2003, parler de son "affaire" pour se défendre devant la France entière. L'ancien maire de Toulouse et président du CSA avait souffert le martyre cathodique pour convaincre qu'il n'était pas un adepte de parties "fines" sordides, allant jusqu'au viol et au meurtre !

mercredi 7 octobre 2009

Au "Parisien" c'est "Feu sur le Quartier Général !"


Décidément rien ne va plus au "Parisien". Deux semaines après le débarquement sans préavis de la quasi-totalité de la rédaction en chef (Dominique de Montvallon, Noël Couëdel, Gilles Verdez, Philippe Duley), le quotidien du groupe Amaury est en ébullition. Mardi soir, après le bouclage, quelques 200 journalistes (sur 340 cartes de presse avec les locales) se sont réunis en assemblée générale pour faire bloc face au directeur général du "Parisien", Jean Hornain...Et au-delà lancer un avertissement à la grande patronne du groupe, Marie-Odile Amaury. Dans une motion adoptée à l'unanimité, les journalistes du "Parisien" dénoncent "la brutalité des licenciements" et la "violence à l'égard de la rédaction". Mais le texte pointe surtout "un climat de déstabilisation visant à affaiblir (la rédaction) et la menacer par un plan d'économies". Une mise en cause directe des méthodes de Jean Hornain. Le directeur général du "Parisien", qui a déjà usé trois directeurs de la rédaction (Christian de Villeneuve, Vincent Régnier, Dominique de Montvallon) depuis son arrivée fin 2004, est soupçonné de vouloir faire un journal "low cost" sur le modèle d'"Aujourd'hui Sport", l'éphémère quotidien sportif lancé l'an dernier pour contrer "Le 10 Sport" et arrêté à la veille de l'été.

dimanche 4 octobre 2009

DECRYPTAGE : "Tout sauf Free"... la tentation de l'oligopole


Condamnés en novembre 2005 à payer 534 millions d'euros pour s'être entendus illicitement dans le cadre d'un "Yalta" visant à maintenir leurs parts de marché respectives, les trois grands opérateurs français qui se partagent le pactole du téléphone mobile n'ont décidément pas fait amende honorable. Malgré la confirmation de la sanction en juillet 2007, Orange, SFR et Bouygues Telecom ne sont pas loin de récidiver aujourd'hui en reprenant en coeur le slogan  "TSF"...pour "Tout sauf Free".
A la veille de la remise des dossiers de candidatures pour la 4ème licence mobile prévue le 29 octobre, le triumvirat s'active comme jamais pour torpiller l'arrivée d'un nouvel opérateur qui, selon toute vraisemblance, devrait être Free. Surnommé le "trublion de l'Internet", l'inventeur de l'offre "triple play" (fixe + internet + télévision)  à 29,99 euros, se fait fort de diviser par deux les prix du mobile en France ! Rodomontade ? La perspective fait en tout cas frémir les trois opérateurs installés. Ces derniers se se sont en effet habitués à engranger des marges brutes...très confortables (30 à 40 % !). Et avec l'iPhone et le boom de l'Internet mobile, ils espèrent bien continuer à profiter de la progression constante de l'ARPU - revenu moyen par abonné - qui atteignait 39 euros en 2008 et flirte avec les 45 euros aujourd'hu. L'un des plus élevés d'Europe...

vendredi 2 octobre 2009

INFO : Martin Bouygues fait plancher ses cadres sur l'avenir du média TV



On savait Martin Bouygues préoccupé par l'avenir de la "chaîne leader" TF1 qui a vu son audience s'effriter régulièrement ces dernières années pour tomber à 26,6 % en  septembre selon Médiamétrie (contre 28 % l'an dernier à la même époque), et ses recettes publicitaires fondre de 23 % sur le seul premier semestre. L'arrivée d'Axel Duroux au poste de numéro deux de la Une, le 14 septembre dernier, aux côtés du PDG Nonce Paolini, a été sa première réponse au problème immédiat de la chaîne : redresser la gîte dangereuse qu'avait prise le paquebot TF1... Le nouveau tandem dirigeant s'emploie actuellement à redynamiser les programmes avec une grille de rentrée centrée sur les valeurs sûres, fiction américaine ("Docteur House", "Lost"...) pour le public familial et télé-réalité à tout va ("Koh Lanta", "Secret Story"...) pour reconquérir les jeunes téléspectateurs. Et il vient de signer le rachat de TMC et NT1 au groupe AB pour reprendre l'initiative sur la TNT (accord encore soumis au feu vert de l'Autorité de la Concurrence).
Mais Martin Bouygues a décidé en parallèle de prendre un peu de hauteur : selon nos informations, il a commandé avant l'été un rapport interne à une poignée de cadres maison, venant de tous horizons. Thème de la lettre mission, une question toute simple...enfin si l'on ose dire : "Face à Internet, que sera de la télévision de l'avenir ?".

jeudi 1 octobre 2009

ECLAIRAGE VIDEO : Qui est Alexandre Pougatchev le jeune Tsar de "France-Soir" ?


Eclairage Vidéo

Le 16 janvier dernier, Alexandre Pougatchev (son portrait ici) est devenu propriétaire de « France-Soir » dans l'indifférence générale. Fils du milliardaire russe Sergueï Pougatchev proche de Poutine, ce Citizen Kane âgé d'à peine vingt-quatre ans veut relancer le titre à coups de millions d'euros. Le jeune homme est francophile et charmant, mais aujourd'hui mystère plane toujours sur ses motivations réelles. Pourquoi reprendre un quotidien français moribond en pleine crise de la presse quand on a grandi entre Moscou et Monaco, l'enfance dorée d'un fils d'oligarque et le bling-bling des nouveaux russes de la Cote d'Azur ? Le jeune Alexandre a offert à "France-Soir" un siège digne du temps où "le premier quotidien de France" vendait 1 million d'exemplaires : la rédaction s'est installée au 100, avenue des Champs-Elysées, juste au-dessus du "Queen", un immeuble qui abrite aussi les bureaux d'Hédiard, la chaîne d'épicerie fine rachetée par son père. Mais la nouvelle formule censée redonner son éclat d'antan au quotidien de Pierre Lazareff et relancer des ventes tombées à 23.600 exemplaires selon l'OJD se fait toujours attendre. Initialement prévu pour le 15 octobre, le nouveau "France-Soir", présenté comme un "quotidien populaire de qualité" a été repoussé à janvier malgré la débauche de consultants (Georges-Marc Benhamou, Jean Bayle, Axel Ganz...) appelés au chevet du journal. La faute à la mauvaise conjoncture publicitaire qui déstabilise jusqu' au tout puissant "Parisien", mais pas seulement. Selon certaines sources, Sergueï Pougatchev serait aujourd'hui tenté de fermer le robinet à investissement à son fils qui prévoyait initialement d'investir "jusqu'à 30 millions d'euros" dans la relance de "France-Soir"... C'est dans ce contexte que l'homme d'affaires français Michel Moulin, à l'origine du lancement du journal sportif low-cost "Le 10 Sport", a pris langue avec le jeune Citizen Pougatchev pour lui proposer de "travailler ensemble" : l'ancien conseiller sportif du PSG souhaiterait faire du "10", aujourd'hui replié sur une parution hebdomadaire, "un quotidien sportif complémentaire de "France-Soir" quitte à nouer un partenariat à 50/50...voire lui revendre le titre. Mais pas du tout sûr que Pougatchev père laisse faire. Et dans l'entourage de Michel Moulin on précise que le patron du "10 Sport" "veut faire des choses avec France-Soir" mais "reste très attaché à son journal"...
JCF